Rythmes scolaires à Paris : une seule boussole, l’intérêt supérieur de l’enfant

Le débat sur les rythmes scolaires est relancé à Paris dans un contexte où les questions de protection de l’enfance occupent légitimement une place centrale. Les dysfonctionnements et violences inacceptables révélés ces derniers mois dans le périscolaire appellent des réponses fortes : mieux recruter, mieux former, mieux encadrer, renforcer les contrôles et améliorer la coopération entre tous les adultes qui accompagnent les enfants sur l’ensemble des temps de l’école.

 

Ne nous trompons donc pas de débat. Les difficultés du périscolaire ne sont pas nées de la semaine de quatre jours et demi ; elles ne disparaîtront pas avec la semaine de quatre jours. Changer le nombre de jours d'école sans agir sur les véritables causes des dysfonctionnements reviendrait à répondre à un problème réel par une fausse solution.

 

Pour décider de l’organisation des temps de l’école, une seule question doit compter : quel est le meilleur choix pour les enfants ?

 

Sur ce point, les connaissances scientifiques disponibles sont claires. Concentrer vingt-quatre heures d’enseignement sur quatre jours alourdit les journées,

augmente la fatigue et crée une rupture au milieu de la semaine. C’est aussi accroître les inégalités : lorsque l’école se termine tôt, certains enfants bénéficient d’activités culturelles et sportives ; d’autres en sont privés. Les enfants n’ont pas besoin de journées plus longues. Ils ont besoin de journées mieux équilibrées, avec des repères et une continuité éducative. Dans les pays de l’OCDE, la semaine de quatre jours constitue d’ailleurs une exception, c’est la semaine de cinq jours qui est de très loin la norme.

 

C’est précisément le sens des conclusions de la Convention citoyenne nationale sur les temps de l’enfant. Après plusieurs mois de travaux, d’auditions

d’experts et de débats, elle a adopté à plus de 82 % une proposition en faveur d’une semaine de cinq jours, estimant qu’elle respecte mieux les

rythmes biologiques des enfants, favorise les apprentissages et contribue à réduire les inégalités.

 

La Convention citoyenne sur la protection et les temps de l'enfant à l’école de la Ville de Paris a formulé de nombreuses propositions que nous partageons, notamment pour renforcer la sécurité et la qualité du périscolaire et mieux articuler les différents temps de l'enfant avec le temps scolaire. Mais sur l'organisation de la semaine aucun consensus ne s'est dégagé et plusieurs scénarios ont été proposés au débat.

 

Au fil des réformes, nous sommes progressivement passés d’une semaine de cinq jours à une semaine de quatre jours, alors même que la société demande toujours davantage à l’école. Au total, c’est l’équivalent d’une année d’enseignement qui a disparu de la scolarité élémentaire. À Paris, la semaine de quatre jours n’a d’ailleurs existé que durant cinq années, entre 2008 et 2013. Elle ne constitue donc ni une tradition, ni un retour à un prétendu « âge d’or » de

l’école.

 

Cela ne signifie pas que l’organisation parisienne actuelle doive rester inchangée. Elle doit être améliorée : des horaires plus réguliers, des journées mieux

équilibrées, un périscolaire de qualité, des équipes plus stables et une coopération renforcée entre l’école, les familles, les associations et les services municipaux. Cette organisation doit aussi permettre à chaque enfant d’accéder à la culture, au sport et à des activités éducatives de qualité, quel que soit son quartier ou les ressources de sa famille. Les temps de l’enfant doivent être pensés ensemble, le temps périscolaire avec le temps scolaire, et non comme une succession de séquences, trop morcelées, sans lien entre elles.

 

Cette ambition ne pourra réussir sans un investissement à la hauteur des enjeux. La Ville de Paris a engagé une revalorisation ambitieuse des métiers du périscolaire, notamment avec la création progressive des fonctions de directeur·trice du périscolaire. Cette dynamique doit désormais trouver son prolongement du côté de l’Éducation nationale, avec une véritable revalorisation du métier d’enseignant·e, de sa rémunération et de son attractivité. Elle suppose également de préserver les décharges des directrices et directeurs d’école parisiens, qui sont indispensables pour accompagner les équipes et entretenir un dialogue de qualité avec les familles.

 

Revenir à quatre jours serait une mauvaise réponse. Ce choix ferait peser davantage d’apprentissages sur des journées déjà longues et ne réglerait aucune des difficultés de fond rencontrées par le périscolaire. Surtout, réduire le nombre de jours d’école n’apporte, en soi, aucune garantie supplémentaire pour la sécurité des enfants.

 

La Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement, la FCPE Paris et le CDAFAL de Paris appellent donc à écarter cette option. Paris doit utiliser les

prochains mois pour construire une organisation plus protectrice et plus ambitieuse, en associant les enfants et l’ensemble de la communauté éducative.

 

Les contraintes budgétaires, institutionnelles ou professionnelles sont réelles. Elles ne peuvent cependant pas primer sur les besoins des enfants. En matière de rythmes scolaires, une seule boussole doit guider la décision publique : l’intérêt supérieur de l’enfant.

FCPE Paris

Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement

CDAFAL de Paris

Association de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant

 

 

Pour poursuivre le débat, nous vous invitons à un grand débat public le 14 octobre à 19h à l’INSPE de Paris.

Informations sur les sites des organisations signataires.

Commémorations de l’abolition de l’esclavage


Commémorations de l'abolition de l'esclavage

Depuis de nombreuses années, la Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement organise les Commémorations de l’abolition de l’esclavage à travers des projections-débats scolaires pour les collégien·nes et lycéen·nes parisien·nes. Ce projet éducatif et citoyen transmet le devoir de mémoire et contribue à la lutte contre les discriminations, en lien avec les valeurs républicaines.

Le projet « Commémorations de l’abolition de l’esclavage » s’inscrit dans le cadre des commémorations nationales de l’abolition de l’esclavage et est porté, depuis 2015, par notre fédération, à l’initiative et avec le soutien de la Délégation générale à l’Outre-mer de la Ville de Paris. Il répond à un double enjeu éducatif et citoyen : transmettre une histoire fondamentale mais encore trop souvent méconnue, et favoriser une réflexion critique sur ses héritages contemporains.

Des projections-débats à destination des classes du secondaire

Déployé chaque année au mois de mai, le projet s'articule autour de l’organisation de projections de documentaires historiques à destination des collégien·nes et des lycéen·nes parisien·nes et de débats animés par des historien·nes spécialistes. Les films proposés, adaptés aux niveaux scolaires des classes participantes, abordent à la fois les systèmes esclavagistes, les luttes abolitionnistes, les contradictions des idéaux républicains et les conséquences sociales, juridiques et identitaires de l’abolition. Les échanges qui suivent les projections constituent un temps pédagogique central, permettant aux élèves d’interroger les contenus, d’exercer leur esprit critique et de s’exprimer dans un cadre structuré et bienveillant.

Favoriser le devoir de mémoire et la lutte contre les discriminations

Ce projet s’inscrit pleinement dans les programmes scolaires d’Histoire et d’Enseignement moral et civique, tout en favorisant l’éducation à l’image et à l’oral. Il participe à la construction d’une mémoire collective partagée et à la compréhension des valeurs républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité.

Fidèle au projet fédéral de la Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement, cette action porte des valeurs d’émancipation intellectuelle, de lutte contre les discriminations, d’égalité des droits et de formation de citoyen·nes éclairé·es, capables de comprendre le passé pour mieux agir dans le présent.

Objectifs pédagogiques

  • Sensibiliser les élèves à l’histoire de l’esclavage
  • Mettre en lumière les luttes abolitionnistes et leurs résistances historiques
  • Analyser les conséquences sociales, juridiques et identitaires de l’abolition
  • Interroger les enjeux contemporains de la mémoire de l’esclavage
  • Développer l’esprit critique à partir de sources audiovisuelles et historiques
  • Favoriser l’expression orale, le questionnement et le débat argumenté
  • Relier histoire, citoyenneté, libertés fondamentales et lutte contre les discriminations

Étapes

  • Projection d’un film documentaire dans une mairie d’arrondissement (1h)
  • Échange avec un·e historien·e spécialiste de l’histoire de l’esclavage (45 min)

Public

  • Collèges
  • Lycées

L’édition 2026

Les films

En 2026, deux films sont mis à l’honneur tout au long du mois de mai :

routes de l esclavage 0003 aff 1

Les routes de l’esclavage : épisode 4 : 1789-1888 : Les nouvelles frontières de l’esclavage

Daniel Cattier, Juan Gélas et Fanny Glissant

À Londres, Paris et Washington, les idées abolitionnistes progressent. Après la révolte des esclaves à Saint-Domingue, la Grande-Bretagne interdit la traite transatlantique en 1807. Pourtant, en pleine révolution industrielle, l’Europe continue de dépendre du travail des esclaves. Pour répondre à ses besoins en matières premières, elle tolère les nouvelles formes d’exploitation humaine au Brésil et aux États-Unis. En parallèle, elle lance une nouvelle vague de colonisation en Afrique. Malgré l’interdiction officielle, les déportations atteignent un record : 2,5 millions d’Africains en 50 ans.

À destination des classes de collège.

esclavage a bourbon

L’esclavage à Bourbon

Alexandre Boutié

Ce documentaire, fruit de plus de deux ans de travail, met en lumière l’histoire méconnue de l’esclavage dans l’océan Indien, en particulier à La Réunion. Contrairement à l’espace caraïbéen souvent médiatisé, cette région reste peu explorée. Appuyé sur une base historique solide, des archives et des analyses d’experts, il retrace l’esclavage depuis ses débuts jusqu’à l’abolition en 1848. En dévoilant ses mécanismes et ses héritages, le film éclaire les enjeux identitaires, culturels et sociaux de la Réunion d’aujourd’hui.

À destination des classes de lycée.

Calendrier

Les routes de l’esclavage

  • Mardi 5 mai de 9h30 à 11h30, mairie du 9e 
  • Mercredi 6 mai de 9h30 à 11h30, mairie du 18e
  • Lundi 11 mai de 10h30 à 12h30, mairie du 19e
  • Lundi 11 mai de 9h30 à 11h30, mairie du 10e
  • Lundi 18 mai de 14h à 16h, mairie du 3e 
  • Mardi 26 mai de 10h à 12h, mairie du 20e 
  • Jeudi 28 mai, de 14h à 16h, mairie du 11e

L’esclavage à Bourbon

  • Mardi 5 mai, de 14h30 à 16h30, mairie du 9e 
  • Lundi 11 mai, de 14h à 16h, mairie du 19e 
  • Lundi 11 mai, de 14h à 16h, mairie du 10e
  • Mardi 12 mai, de 14h à 16h, mairie du 11e
  • Vendredi 22 mai, de 14h à 16h, mairie du 3e
  • Mardi 26 mai, de 14h à 16h, mairie du 20e
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Vous pouvez inscrire une classe à une projection située en dehors de votre arrondissement ou demander à accueillir une projection directement dans votre établissement (à renseigner dans le formulaire).

Informations auprès de Corentin Simonot à csimonot@ligueparis.org

Nos partenaires

Un programme soutenu par la Délégation Générale à l’Outre-mer de la Ville de Paris et la Fondation pour la mémoire de l’esclavage.

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