Temps de l’enfant à Paris : remettre l’enfant au centre, ensemble


Alors que le débat sur la semaine scolaire est relancé à Paris, la Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement s’engage avec la FCPE Paris, le CDAFAL de Paris et l’Association de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant. Notre conviction : l’organisation des temps éducatifs doit partir des besoins des enfants. Pour y parvenir, nous devons croiser les regards et construire les réponses ensemble.

Derrière le nombre de jours d'école, la place de l'enfant

4 jours ou 4,5 jours ? Depuis la réforme de 2013, cette question revient régulièrement dans le débat public. Elle ressurgit aujourd’hui à Paris dans un contexte grave : les dysfonctionnements et les violences révélés dans le périscolaire appellent des mesures fortes pour protéger les enfants et restaurer la confiance des familles.

Ces deux débats doivent toutefois être distingués. Mieux recruter, former et encadrer les personnels, renforcer les contrôles et les dispositifs de prévention : ces actions doivent être engagées sans attendre, indépendamment des décisions sur la semaine scolaire.

Le débat sur l’organisation des temps éducatifs, qui va être relancé dans les conseils d’école, pose une tout autre question : comment organiser les journées et la semaine de l’enfant au plus près de ses besoins ? Il doit s’inscrire dans une réflexion plus large : comment articuler les temps scolaires, périscolaires et extrascolaires pour respecter les rythmes de l’enfant, favoriser ses apprentissages et préserver du temps pour le repos, le

jeu, les pratiques sportives et culturelles… C’est à partir de ces besoins que nous devons construire une organisation cohérente de ses journées et de sa

semaine.

Une responsabilité nourrie par notre présence sur le terrain

La Ligue de l’enseignement défend depuis plus d’un siècle une éducation accessible à toutes et tous. À Paris, notre Fédération agit à l’école, sur les temps périscolaires et pendant les loisirs et les vacances, aux côtés des familles, des équipes éducatives et des associations.

Cette présence sur les différents temps de l’enfant nourrit notre engagement. Elle nous permet d’observer les effets des journées fragmentées, les difficultés de coopération entre les adultes et les inégalités d’accès aux activités. Elle nous montre aussi ce qui devient possible lorsque les acteurs travaillent ensemble et construisent des projets communs.

C’est dans cet esprit que nous avons remis à la Ville de Paris une contribution sur l’organisation des temps de l’enfant : renforcer la continuité éducative, mieux relier les professionnels et faire de leur coopération un appui pour l’épanouissement et la protection des enfants.

Quatre organisations, des regards complémentaires

La contribution de notre Fédération repose sur une conviction forte : la protection de l’enfance ne se résume pas aux procédures de signalement ou aux dispositifs spécialisés. Elle se joue au quotidien, dans notre capacité collective à faire alliance. Face à la complexité des défis actuels — santé mentale, harcèlement, violences intrafamiliales, décrochage scolaire, exposition aux écrans, troubles du neurodéveloppement ou précarité sociale —, aucun acteur ne peut agir seul.

Ce sont les regards croisés des enseignant·es, des animateur·rices, des personnels médico-sociaux, des associations et des familles qui permettent de repérer les premiers signaux faibles et d'agir à temps. La qualité des coopérations devient alors un véritable facteur de protection.

Construire une véritable communauté éducative

Cet engagement se prolonge aujourd’hui dans une mobilisation commune avec trois partenaires :

  • La FCPE Paris apporte la voix et l’expérience des parents d’élèves, ainsi que son engagement pour la coéducation et des temps éducatifs adaptés à tous les enfants. Lire sa contribution à la Convention citoyenne parisienne.
  • Le CDAFAL de Paris apporte son expérience de la défense des droits des familles, dans leur diversité, et son attention aux réalités sociales qui pèsent sur leur quotidien. Son engagement pour la laïcité et l’accès aux droits rappelle que les choix éducatifs doivent bénéficier à toutes les familles.
  • L’Association de la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant prolonge la démarche citoyenne menée à l’échelle nationale. Elle porte les propositions issues de ces travaux et contribue à faire vivre une réflexion qui dépasse les seules questions d’horaires scolaires.

Ce qui nous rassemble, c’est la volonté de répondre aux besoins réels des enfants : leur santé, leur sécurité, leurs apprentissages, leur épanouissement et leur capacité à grandir avec les autres.

Les travaux de la Convention citoyenne nationale, organisée par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), constituent un appui pour cette réflexion. Ses propositions associent une semaine d’enseignement sur cinq jours à une réorganisation plus large des journées, des activités et des lieux de vie des enfants. Elles invitent à penser ensemble les différents temps de l’enfance.

Découvrir les propositions de la Convention citoyenne nationale.

Une tribune commune pour alerter

Le 10 septembre 2026, nos quatre organisations ont publié dans Libération une tribune intitulée « Rythmes scolaires : une seule boussole, l’intérêt supérieur de l’enfant ». Nous y défendons une position claire : revenir à quatre jours ne résoudrait pas les violences dans le périscolaire et risquerait d’alourdir les journées d’apprentissage et d’accentuer les inégalités.

Lire la tribune dans Libération. De nombreux soutiens l’ont déjà signée, parmi lesquels un ancien ministre, une conseillère de Paris, le délégué général de la branche professionnelle de l’animation, et un chercheur en éducation.

Cette tribune est aussi une alerte : la décision à venir engage le quotidien de dizaines de milliers d’enfants parisiens et ne peut être prise à la légère. Plusieurs préoccupations légitimes s’expriment : les enseignant·es soulèvent la question de leurs conditions de travail, les familles s’inquiètent de la fatigue des enfants et des inégalités d’accès aux activités, les élu·es doivent composer avec des contraintes d’organisation et de moyens. Les échanges au sein de la Convention citoyenne parisienne et du Conseil de Paris témoignent eux aussi de nuances et de désaccords qui appellent à poursuivre la discussion. Ces préoccupations doivent être entendues et mises en dialogue. Si chacune est défendue isolément, le débat risque de se figer dans une opposition entre les contraintes des uns et les attentes des autres. Pour avancer, les besoins réels de l’enfant doivent rester notre point de référence commun. C’est à leur lumière que les différentes options doivent être examinées et les décisions prises.

Le 5 novembre, faire vivre le débat ensemble

Pour poursuivre cette démarche, nous organisons un débat public le jeudi 5 novembre à 19 heures, à l’INSPE de Paris (site des Batignolles), animé par Louise Tourret.

Cette rencontre réunira parents, enseignant·es, professionnel·les de l’enfance, chercheur·ses et enfants pour croiser les expériences, partager les connaissances et mettre en discussion des pistes concrètes.

Notre ambition est de faire de cette rencontre un temps de travail collectif, capable d’éclairer les choix à venir.

Rejoignez-nous

Familles, enseignant·es, animateurs et animatrices, associations, élu·es, institutions : chacun peut contribuer à cette réflexion. Et plus nous serons nombreux à défendre la nécessité d’un débat collectif, guidé à chaque étape par les besoins de l’enfant, plus cette exigence pèsera dans les décisions à venir.

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