MENU
Portait d’asso : La Petite Rockette : le réemploi comme projet de solidarité

Depuis vingt ans, La Petite Rockette fait du réemploi un levier de solidarité, de transmission et d’action citoyenne. Implantée dans les 11ᵉ et 12ᵉ arrondissements de Paris, cette association transforme les objets délaissés en ressources, les lieux en espaces de rencontre et les habitant·es en acteur·rices de leur quartier. Découvrez cette structure de notre réseau qui allie écologie, lien social et engagement.
Comment est née La Petite Rockette ?
Lena Luksenberg : L’association est née en 2005 dans un local vacant situé rue Saint-Maur, à Paris. À l’origine, l’association occupait un squat et se voulait une véritable maison de quartier ouverte à tout·es. Le lieu accueillait des logements, des ateliers d’artistes ainsi qu’une cour intérieure accessible aux habitant·es du quartier.
Au fil des années, l’association s’est développée, structurée et professionnalisée. Après un passage rue Oberkampf entre 2012 et 2013, elle s’installe en 2014 dans un grand local situé rue du Chemin-Vert. C’est à ce moment-là que la ressourcerie prend une place centrale dans ses activités, avec une double vocation sociale et écologique : favoriser le réemploi des objets tout en créant du lien social dans le quartier.
Quelles sont les actions de l’association ?
L. L. : La Petite Rockette mène des actions autour du réemploi solidaire, de la sensibilisation écologique et de la vie de quartier.
Son activité principale est la ressourcerie. E collecte, trie, nettoie, répare et revend des objets de seconde main afin d’éviter qu’ils ne deviennent des déchets. Elle collecte notamment des vêtements, des meubles, des livres, des appareils électriques, des jouets et divers objets du quotidien.
Autour de cette activité principale, La Petite Rockette développe plusieurs projets :

Comment fonctionne l'association ?
L. L. : La Petite Rockette fonctionne comme une ressourcerie associative à but non lucratif. Elle s’appuie sur environ 56 salarié·es et près de 250 bénévoles.
Son activité repose sur quatre grandes missions :
L’association privilégie le réemploi, qui consiste à conserver à l’objet sa fonction première, plutôt que le recyclage, qui transforme la matière et peut modifier la fonction initiale de l’objet. Cette démarche permet de prolonger la durée de vie des objets sans recourir à une transformation industrielle.
Le financement de La Petite Rockette provient environ à 60% de ressources propres, notamment grâce à la vente des objets collectés, et à 40% de financements publics, comme ceux de la Ville de Paris et de l’État.
Pouvez-vous nous parler plus précisément de vos actions en direction des jeunes ?
L. L. : La Petite Rockette mène de nombreuses actions de sensibilisation à destination des jeunes, notamment autour des questions écologiques, du réemploi et de la consommation responsable.
L’association organise des ateliers participatifs, créatifs et manuels, des visites pédagogiques ainsi que des temps d’échange pour faire découvrir le fonctionnement d’une ressourcerie et les enjeux liés aux déchets. Les jeunes peuvent apprendre à réparer, réutiliser ou détourner des objets du quotidien.
Elle propose également des ateliers de « récup’ créative », réalisés à partir des dons qui arrivent en ressourcerie. Ces activités permettent de montrer que les objets délaissés peuvent devenir des matériaux de création.
Les espaces comme La Cycklette et La Cadette permettent également de transmettre des savoir-faire pratiques : réparation de vélos, couture, customisation textile ou bricolage.
L’association organise par ailleurs des événements de quartier à différentes échelles : ressourceries éphémères, vide-greniers, carnavals ou encore grands temps festifs. Les jeunes sont invités à créer ensemble des projets qui leur ressemblent et dont ils sont les principaux acteurs et actrices.
À la Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement, on croit beaucoup aux partenariats, aux alliances… Qu’en est-il du côté de La Petite Rockette ?
L. L. : Les partenariats occupent une place importante dans le fonctionnement de La Petite Rockette. L’association travaille avec de nombreux acteurs du territoire : associations, structures culturelles, institutions publiques, artistes et réseaux du réemploi solidaire.
Elle fait notamment partie du Réseau National des Ressourceries et Recycleries et collabore avec des structures comme Emmaüs autour d’actions de plaidoyer en faveur du réemploi et de l’économie circulaire.
La Petite Rockette travaille également avec différents organismes spécialisés pour le traitement de certains flux : Ecologic pour les déchets électriques, Le Relais pour le textile, ou encore Recyclivre et Momox pour les livres.
Ces alliances permettent de mieux valoriser les objets collectés, de mutualiser les compétences et de développer des projets communs. Elles renforcent ainsi l’impact social et écologique de l’association.
En quoi La petite Rockette change le monde ?
L. L. : La Petite Rockette contribue à transformer les modes de consommation en montrant qu’il est possible de donner une seconde vie aux objets plutôt que de les jeter.
En favorisant le réemploi, l’association limite la production de déchets et sensibilise le public aux enjeux écologiques liés à la surconsommation. Elle encourage également une consommation plus solidaire grâce à des prix accessibles et au principe du prix libre pour certains biens culturels.
Son impact est aussi social. La Petite Rockette crée du lien entre les habitant·es, soutient des personnes en situation de précarité, développe des parcours d’insertion et transmet des savoir-faire utiles au quotidien.
À travers ses différentes activités, l’association défend donc un modèle plus durable, plus collectif et plus inclusif. Elle fait du réemploi un acte écologique, mais aussi un acte citoyen et politique.
© 2026 - Fédération de Paris de la Ligue de l’Enseignement