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Retour sur événement : les fruits de notre réflexion collaborative autour des Alliances Éducatives
Pour faire suite à notre premier article relatif à notre événement du 18 juin, nous avons eu à cœur de partager le fruit de notre réflexion collaborative. Le point de départ de nos échanges était clair : l’éducation ne se construit jamais seule, jamais de manière isolée, mais bien collectivement.
La réponse aux défis contemporains doit prendre en compte l’école, bien sûr, mais s'étendre aussi aux familles, aux associations, aux collectivités, aux équipements de quartier, aux clubs sportifs ou encore aux lieux culturels. Partout où des adultes s’engagent pour accompagner les enfants et les jeunes dans leur parcours.
Découvrez ci-dessous la synthèse illustrée réalisée en direct par notre facilitatrice graphique Émilie Serralta :

Placer l’enfant au centre : un état d’esprit, pas un dispositif
Ce qui ressort avec force de l’ensemble de nos échanges — et que l’illustration met parfaitement en perspective —, c'est la nécessité absolue de placer l’enfant au centre. C’est là tout le sens des alliances éducatives : elles ne constituent pas un dispositif rigide supplémentaire, mais bien un état d’esprit fondé sur la cocréation et la collaboration.
Comme l'ont souligné plusieurs intervenant·es, notamment du point de vue de l'Académie de Paris : les alliances éducatives ne sont pas un supplément à l’action de l’École, elles sont souvent une condition de sa réussite. Chaque fois que parents, enseignant·es, associations et services de la Ville et de l’État parviennent à travailler ensemble, ce sont les élèves qui en bénéficient.
L’École ne peut pas tout. Les familles ne peuvent pas tout. Les associations ne peuvent pas tout. En revanche, une alliance permet de transformer une simple addition d’interventions en un projet collectif cohérent. Dans une école, on en voit très vite la différence : les situations complexes s’apaisent parce que les adultes se parlent, les familles ne sont plus de simples usagers, mais de véritables partenaires, et on arrête enfin de se renvoyer les difficultés d’un acteur à l’autre. Les alliances permettent de faire communauté autour d'une responsabilité partagée.
Le terrain à l'œuvre : 5 initiatives parisiennes inspirantes
Pour nourrir notre réflexion, nous avons procédé à un exercice de cartographie collaborative. Grâce à des « fiches initiatives » à remplir, nous avons analysé ce qui fonctionnait concrètement sur le territoire parisien. Lorsque des acteur·trices qui ne se parlaient pas toujours décident d'agir ensemble plutôt que côte à côte, les résultats sont au rendez-vous.
1. « T'es pas né pour scroller » (Paris 18e) : reprendre la main sur les écrans
Ce projet de coordination d'envergure, mené sur un an, a impliqué 30 écoles, 3 collèges et 3 lycées des quartiers prioritaires du 18e arrondissement. Il aborde de front les problématiques multidimensionnelles liées aux écrans (sommeil, réussite scolaire) et pose la question essentielle de l'exemplarité des adultes (parents comme professionnel·les).
La force du collectif : un partenariat fort unissant Académie de Paris, Mairie du 18e et préfecture, à travers une quinzaine de réunions annuelles de pilotage (avec la CAF, l'Éducation nationale et la ville).
La portée : 90 projets par an menés au bénéfice de 12 000 enfants et jeunes, en associant étroitement les habitants (40 parents élus et jeunes impliqués).
> Découvrez l'article complet sur la mobilisation dans le 18e
2. Les rues végétalisées (Paris 19e) : réinvestir l'espace public
Bâtir une alliance, c'est aussi réimaginer le cadre de vie des enfants de l'école jusqu'au quartier. Les projets de rues végétalisées aux abords des établissements scolaires du 19e illustrent parfaitement comment la transition écologique devient un support de croisement entre les services de la Ville, les collectifs de parents, les équipes pédagogiques et les structures d'animation locales.
3. Le jardin pédagogique du Centre Paris Anim' : apprendre hors les murs
Sept Centres Paris Anim’ disposant d'espaces extérieurs ont vu leurs jardins transformés en véritables laboratoires d’apprentissage, de reconnexion au vivant et de sensibilisation active sur les questions d’écologies.
La force du collectif et du partenariat : pour structurer et professionnaliser cette démarche, la Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement s'est associée à l’association Veni Verdi, experte en agriculture urbaine et pédagogique. En parallèle, des formations croisées à destination de tous les corps de métiers des centres (directeur·trices, animateur·trices jeunesse, technicien·nes), couvrant aussi bien la gestion de la biodiversité que les techniques de pédagogie active autour du jardin.
Ces jardins pédagogiques permettent aux jeunes de devenir acteurs de leur environnement tout en décloisonnant les temps scolaires et de loisirs.
> Découvrez l'article sur la transition écologique dans nos Centres Paris Anim'
4. Le projet « passerelles petite enfance » (Cité Éducative Paris 19e)
Ce projet remarquable a mis en lien 5 crèches, 3 écoles maternelles, un centre de loisirs, la bibliothèque Hergé et une compagnie de théâtre « Le fil de la Plume ».
Le principe : créer des binômes crèche / école maternelle, autour de rencontres (5 représentations du spectacle « Grands les yeux ») entre grands de crèches et petits de maternelle à la bibliothèque et à l’école maternelle.
La portée :182 enfants et 45 adultes concernés.
5. « NewImages » : questionner et expérimenter les cultures numériques
Ce projet mené en partenariat avec TUMO, la Cité des sciences et de l’industrie, le forum des images et des médiathèques, vise à rendre l'art immersif (réalité virtuelle, installations interactives) accessible à tous. L’objectif n’est pas de simplement consommer de la technologie, mais d’inviter les adolescents et des publics variés à développer leur regard critique pour devenir de véritables acteurs du numérique et imaginer les futurs autrement.
Changer d'échelle : les perspectives politiques et le cercle vertueux

Les alliances ne se décrètent pas, elles se construisent dans la durée. Mais comment faire en sorte que ces réussites locales ne restent pas des exceptions isolées dépendant uniquement de quelques personnes particulièrement engagées ?
À l'aune d'une année d'échéances politiques cruciales pour notre pays, nous devons porter ces exigences au niveau national pour que la coopération devienne la norme. Changer d'échelle implique de remplir des conditions concrètes :
En conclusion : e cercle vertueux de l'alliance
Il y a un peu plus de six mois, nous ouvrions ce chantier des alliances éducatives à la Maison des Métallos dans le cadre de notre nouveau projet fédéral. Cette soirée de restitution à la Mairie du 19e montre que nous avons franchi une étape : nous ne sommes plus seulement dans l'intention, mais au cœur de réalisations concrètes.
Comme le résume joliment la roue vertueuse dessinée par la facilitatrice graphique en bas à gauche de la synthèse, une alliance réussie repose sur l'imbrication de 6 ingrédients indispensables : le temps, l'envie, le financement, la formation, la place des familles et la confiance.
La carte de Paris remplie des initiatives des participant·es prouve que notre territoire ne manque ni d’énergie ni de créativité. Notre défi est maintenant de permettre à ces coopérations de grandir et de se relier. Pour ce faire, nos équipes s'attellent à analyser et décortiquer les dizaines de « fiches initiatives » récoltées lors de cette soirée pour en tirer les grands enseignements structurels. Ce travail approfondi de restitution et d'analyse fine nous permettra d'aller encore plus loin ensemble.
Si vous souhaitez poursuivre cette aventure avec nous, construire des projets, participer à nos réflexions ou simplement soutenir cette démarche : rejoignez la grande alliance éducative en adhérant ou en affiliant votre structure à la Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement !
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