Engagée depuis trois ans dans une démarche active de protection de l’enfance, notre Fédération a progressivement structuré des process internes solides, partagés par l’ensemble des équipes et des partenaires. Formation, prévention, repérage constituent les piliers de cet engagement dont les professionnel·les et les adultes sont les premiers acteurs.
Une démarche structurée et inscrite dans la durée
Suite aux différentes alertes de la CIVIISE (Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles faites aux Enfants), dont un rapport remis en 2023, notre Fédération a placé la protection de l’enfance au cœur de ses priorités. Dès le lancement de la démarche, des actions de formation ont été déployées, d’abord avec l’appui de Cithéa, puis en lien avec la CRIP (Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes), afin de doter les équipes des repères nécessaires pour prévenir, repérer et signaler les situations de danger.
Au total, 81 salarié·es ont été formé·es (animation, direction, accueil, régie, maintenance, pédagogie, coordination…), ainsi que 46 bénévoles du dispositif Lire & faire lire. Parallèlement, des formations dédiées ont été intégrées au plan de développement des compétences, garantissant l’approfondissement et la perpétuation des connaissances des salarié·es de notre Fédération dans le domaine de la protection de l’enfance.
Au-delà de la formation, la protection de l’enfance est un sujet régulièrement abordé au sein des réunions internes, favorisant les échanges, le partage d’expériences et l’actualisation des connaissances. Un groupe de travail, consacré au développement de projets et au suivi des dispositifs a notamment été créé. Elle est également intégrée dans les entretiens annuels des salarié·es, afin de permettre l’expression de questionnements ou de situations observées. Comme le souligne Fanny Charpentier, déléguée générale adjointe en charge de cette politique de protection de l’enfance :
« Nous voulons que la parole existe sur le sujet. Tant pour signaler, que pour partager des doutes ou des questionnements. C’est aussi pour cela que nous avons nommé plusieurs référent·es protection des mineur·es : ils constituent un·e première interlocuteur·trice pour nos professionnel·les. »
Des mesures de vigilance complètent ce dispositif : demande systématique du casier judiciaire B3 pour les intervenant·es au sein de centres d’animation (Centres Paris Anim’), intégration d’une clause spécifique dans les conventions avec les prestataires, et mise en place de trombinoscopes, en lien avec la Ville de Paris, afin d’identifier clairement les professionnel·les intervenant dans les Centres. « C’est ainsi toute une culture de l’attention qui se met en place autour de ce sujet », explique Fanny Charpentier.
Une culture de prévention et de repérage partagée
Afin d’ancrer durablement les pratiques, une charte de protection de l’enfance a par ailleurs été élaborée. Véritable document ressource, elle rassemble :
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des repères sur les violences faites aux mineur·es,
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des bonnes pratiques à adopter en cas de révélations spontanées dans le cadre des activités,
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un ensemble de ressources (rapports, sites internet, littérature, jeux, podcasts, films).
Comme l’exprime Sarah Lehu, directrice de Centre Paris Anim’ : « La charte est affichée dans le Centre et toute l’équipe y a accès. Ça permet de partager une culture commune malgré la diversité des métiers au sein de nos structures. »
Dans une dynamique d’ouverture et de sensibilisation élargie, un événement grand public – « T’as pas le droit » – a également été créé au Centre Paris Anim’ Valeyre. Pensé pour transmettre des repères essentiels aux enfants sans pour autant faire peser la responsabilité sur leurs épaules, cet événement leur permet de mieux identifier les situations de danger ou d’agression et de savoir vers qui se tourner le cas échéant. Dans la même dynamique, une petite bibliothèque dédiée à la prévention des violences sexuelles sur mineur·es a été créée.
À travers l’ensemble de ces actions, notre Fédération affirme une conviction forte : la protection de l’enfance est la responsabilité de tous les adultes et le développement d’une culture commune de prévention et de dispositifs de signalement efficaces contribue à mieux protéger les mineur·es.
Pour aller plus loin :
- Le livret de la CIVIISE à destination des professionnel·les
- Les ressources et publication de l’ONPE (Observatoire national de la protection de l’enfance)
- La CRIP 75 pour effectuer un signalement : 01.42.76. 46.30
- Le 119 pour faire part de vos interrogations ou signaler toute situation préoccupante dont vous auriez connaissance





