Pendant plusieurs semaines, la Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement a animé dans les Centres Paris Anim’ le projet « Missives : visages et récits de parcours migratoires ». Cette initiative, croisant écriture et théâtre, a été construite avec les participant·es aux ateliers Français Langue Étrangère (FLE) et l’auteur-metteur en scène Saturnin Barré (cie La Tribu d’Essence). Elle a trouvé son apogée lors d’une journée événement organisée à la Maison des Réfugiés le jeudi 26 mars dernier.
Une exposition entre photo et écriture : dire les singularités de chaque parcours
Au cœur du projet, une exposition a mis en lumière les lettres écrites par les participant·es des ateliers FLE. Chacune de ces missives, adressée à une personne – lettre à ma fille restée dans son pays -, un objet – Lettre à
mon fauteuil roulant électrique – un mouvement politique – lettre au Khmers Rouges – ou encore un concept – lettre à madame la Mort – offre un regard singulier sur leur histoire personnelle. Ces textes, intimes et inscrits dans une démarche artistique travaillée en atelier, ont été associés à des portraits photographiques de leurs auteur·trices, créant un dialogue visuel et littéraire entre le public et les parcours migratoires.
En fin de journée, certain·es participant·es ont choisi de lire leurs lettres à voix haute, donnant une résonance particulière à ces récits de vie.
Une table ronde pour croiser les regards sur l’engagement
L’après-midi a été marqué par l’enregistrement du podcast « Mouvements d’engagement, aux côtés des parcours de migrations ». Plusieurs acteur·trices engagé·es ont partagé leurs expériences et leurs réflexions sur les enjeux liés à l’accueil et à l’accompagnement des personnes exilées :
- Léna Chavanes, réalisatrice du podcast « Jeunes en exil, mineurs en lutte »
- Molka Mhéni, coordinatrice du pôle Accueil et solidarités à l’association Wassla
- Siham Lgour, product Owner chez AALIATECH
- Gaëlle Morois, coordinatrice du Casnav de l’Académie de Paris

- Saturnin Barré, metteur en scène de la pièce Hercule et les missives
Les échanges ont porté sur des thèmes aussi variés que l’accompagnement scolaire des personnes exilées, l’accès aux soins, le rapport à la santé mentale notamment des personnes allophones, la situation des mineur·es isolé·es et des personnes LGBTQIA+ ou encore la coopération entre les différents acteurs du secteur.
Hercule et les missives : des lettres pour visibiliser les parcours migratoires
La journée s’est poursuivie avec deux représentations de la pièce Hercule et les missives, jouée par la compagnie La Tribu d’Essence (Ludovic Féménias). Le matin, deux classes de 3e du collège Charles Péguy (19e arrondissement) ont assisté à une représentation qui les a profondément marqués. À travers des lettres écrites par des personnes réfugiées, la pièce retrace des parcours migratoires et invite le public à s’interroger sur son propre regard et son rôle de citoyen.
Le soir, une deuxième représentation a réuni un public nombreux de 80 personnes, confirmant l’impact et la pertinence de cette création théâtrale.
La culture comme socle de rencontre et d’expression
La Fédération de Paris de la Ligue de l’enseignement se félicite du succès de cette journée, qui a démontré combien la culture constitue un vecteur puissant de rencontre, d’expression et de sensibilisation. En croisant les publics (usager·es, établissements scolaires, associations, entreprises, institutions) et les arts (photographie, écriture, théâtre), le projet « Missives » a permis de mettre en lumière la richesse de chaque parcours tout en offrant à chacun·e un cadre propice à la confiance et à l’écoute.






